Saint-Leu-d’Esserent

A Saint-Leu-d’Esserent petite histoire des carrières souterraines du Couvent, de Notre-Dame et de Saint-Christophe

Ancienne cité médiévale, petite mais riche de son histoire, Saint-Leu-d’Esserent est située sur la rive droite de l’Oise, non loin de Chantilly, à une cinquantaine de km au Nord de Paris. De nos jours, la localité est surtout connue pour sa magnifique église abbatiale élevée entre 1160 et 1200, sur les ruines d’une première église bâtie à partir de 980.

Eglise abbatiale de Saint-Leu d’Esserent (Carte Postale vers 1930)

Habitée par les hommes du paléolithique, puis par les Celtes et ensuite par les Gaulois ainsi sans discontinuer jusqu’à nos jours, Saint-Leu-d’Esserent a traversé les millénaires, payant un lourd tribut aux guerres, révolutions et pillages.

Dans le passé, les qualités de la pierre de Saint-Leu, extraite de carrières appartenant aux moines de l’abbaye ont contribué à la réputation de la localité.

D’abord exploitée par les Gallo-Romains, puis par les Mérovingiens, transportée par bateaux, cette pierre était aussi bien recherchée dans la construction de grandes cathédrales comme celles de Chartres, au XIIIème siècle, de Sens au XVème siècle,

Pierre de Saint Leu d'Esserent

de châteaux prestigieux comme celui de Versailles, que pour des églises comme celles de Creil ou de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et de bâtiments publics comme le Palais du Luxembourg, ou le dôme du Panthéon à Paris et dans de nombreux édifices civils…

Les carrières

En suivant les rues et chemins du coteau qui longent la D 92, sur la rive droite de l’Oise. on trouve d’abord de très anciennes maisons troglodytes puis les carrières souterraines du Père Pierrot, celle des Danses, puis plus loin, les carrières à ciel ouvert de Saint Quentin et celle de Notre-Dame.

Habitat Troglodyte

D’abord souterraine, la partie centrale de Notre-Dame devint une carrière à ciel ouvert dans le milieu du XIXème siècle. Seules subsistent les importantes galeries souterraines formant l’étage supérieur de la carrière Saint-Christophe.

Depuis quelques années, les carrières Saint-Quentin et Notre-Dame ont été aménagées en terrain de camping.

Plus loin se trouve la carrière souterraine Saint-Christophe dont la bouche d’entrée effondrée par les bombardements de 1944, reste toujours flanquée de son blockhaus.

Plus loin encore, un autre mais plus imposant blockhaus signale la tranchée d’accès aux bouches de la carrière souterraine du Couvent.

Dans toutes ces carrières, l’exploitation de la pierre ou celle des champignons est maintenant abandonnée.


Plan général de la surface

Les puits d’aérage sont des aménagements indispensables à la vie dans une carrière souterraine, pour les carriers, les champignonnistes et les champignons…

A Saint-Leu, la plus grande densité de puits se situe dans la région centrale de la carrière du Couvent. Au total 45 puits ont été répertoriés et dénommés.

Dans ces carrières existent 3 sortes de puits :

a) Les puits d’aérage, communs à la plupart des carrières souterraines, apparaissent à la surface des champs sous forme de buses en béton, de différents diamètres. Bouchés au début de l’occupation et victimes des bombardements, ils ont été réhabilités après guerre, lors de la remise en culture des champs du plateau. Ils sont au nombre d’une trentaine (en noir sur le plan) Des ventilateurs placés en surface ou dans les galeries souterraines servaient à la régulation de l’air et de la température.

b) Les puits protégés sont les puits de ventilation de l’usine de V-1.
Simples puits ordinaires à l’origine, des aménagements importants les ont modifiés pour obéir à des contraintes de sécurité. Protégés par des plaques de béton, ils sont constitués d’étroits conduits en briques et béton, renforcés de grilles et de chicanes, mis en place pour faire obstacle à toute intrusion (en bleu sur le plan). Ils ont été conservés tels quels après les bombardements, dressant leurs ruines déchirées par les bombes.

c) Un puits d’exploitation est presque toujours de section rectangulaire.
A Saint-Leu, le puits Sonia (hors plan) est le seul puits d’exploitation connu. Il ne débouche pas en surface, mais dans une ancienne galerie de la carrière Notre-Dame.

Bouches et carrières souterraines de Notre-Dame et de Saint Christophe (1)

En août 1678, mandatés par Colbert, les académiciens de l’Académie d’Architecture visitent les carrières souterraines de St-Leu-d’Esserent pour estimer si celles-ci sont aptes à fournir la pierre nécessaire à la réalisation de l’Ecole Militaire de Paris dont la construction doit commencer l’année suivante.
Ils constatent que les carrières de Saint-Christophe et du Couvent communiquent entre-elles et que l’exploitation de la carrière supérieure est abandonnée depuis longtemps parce qu’elle ne produit qu’une pierre assez commune mais que les carrières inférieures qui produisent « du Saint-Leu » sont très actives.
Une carte postale du début du XXème montre les vestiges d’une bouche supérieure, ancien accès à la carrière abandonnée Notre-Dame et une bouche inférieure, en usage, celle de la carrière Saint-Christophe.
Cette bouche supérieure était l’un des deux accès aux galeries Notre-Dame, qui se développent au-dessus, de la carrière Saint-Christophe et partiellement au-dessus de la carrière du Couvent.
L’autre bouche, vraisemblablement la plus ancienne, se trouvait dans la carrière Notre-Dame. En août 1944, ces bouches disparaissaient à la suite de violents bombardements alliés et de destructions volontaires effectuées par l’occupant allemand.

Cette carrière supérieure Notre-Dame ne reprendra vie que vers la fin du XIXème siècle avec la culture des champignons. Les ouvriers utilisant comme accès la bouche se trouvant dans la carrière Notre-Dame.

De longues recherches entreprises dans la carrière du Couvent ont permis en 2003 de découvrir la possibilité d’accéder à cet étage supérieur en remontant un des puits d’aérage sur une quarantaine existants que comptent les carrières.

L’organisation Todt (2) y avait construit vers 1942 de nombreux murs de soutènement en prévision de bombardements alliés, les équipes d’ouvriers passant vraisemblablement par la bouche située dans la carrière Notre-Dame.
Mais en août 1944, les forces allemandes au cours de destructions volontaires faisaient écrouler le plancher d’une trentaine de galeries de cette carrière supérieure, ensevelissant des zones de stockage de V-1, mais laissant en état la plus grande partie de la carrière se trouvant au-dessus de celle du Couvent

Dans la région sud de la carrière St-Christophe, l’escalade d’éboulis a permis d’accéder aux niveaux des parois des anciennes galeries dont le plancher avait été détruit, seuls des graffitis sur ces parois confirmaient la présence de ces galeries.

Dans la carrière Saint-Christophe, le ciel des galeries et des chambres ne dépasse guère 3 mètres, et l’exploitation des fronts de tailles témoigne d’une exploitation très ancienne, la date de1658 inscrite au ciel d’une galerie située très loin de l’ancienne bouche le confirme.
La recherche d’autres graffitis plus anciens se poursuit mais la difficulté vient des habitudes des anciens champignonnistes qui badigeonnaient les parois des galeries avec du lait de chaux afin de désinfecter les caves avant la mise en place d’une nouvelle culture de champignons. En effet, depuis plus de deux siècles, les vides laissés par l’exploitation de la pierre ont été reconvertis en de vastes champignonnières aujourd’hui abandonnées, mais laissées en l’état.

Bouches et carrière souterraine du Couvent

Les bouches de cavage de la Carrière du Couvent s’ouvrent au fond d’une tranchée d’accès,
La première est située dans l’axe de cette tranchée, face à l’est. Sa situation la rendant vulnérable aux bombardements, elle a été bétonnée et protégée par de lourdes portes blindées montées sur rails. Mais les violents bombardements d’août 1944 et les destructions volontaires ont écroulé cette bouche, la rendant impénétrable.
La seconde, à droite de la précédente, est la seule bouche actuellement praticable donnant accès aux carrières souterraines du Couvent et de Saint Christophe.
Ces carrières communiquent entre elles et forment un vaste labyrinthe d’une superficie estimée à plus de 900.000 m2, qui se développe à une profondeur moyenne de 30 m en dessous de la surface du sol, où il est facile de s’égarer.

La carrière du Couvent à été ouverte plus tardivement que celle de Saint Christophe. Les galeries principales avec une hauteur avoisinant les 7 / 8 mètres, permettent le passage de gros camions
Dans le Nord de la carrière à environ 1.100 mètres de la bouche de cavage se trouve les vestiges des ateliers de sciage et les fronts de taille de l’exploitation contemporaine de la pierre de Saint-Leu dans les zones appelées par les carriers « La Masse d’or » .

Dans ces galeries, de nombreux témoignages du passé subsistent sous forme de plusieurs centaines de graffitis ou de gravures pariétales, dont beaucoup sont datés. Les plus pertinents étant ceux de carriers, situés sur le ciel des galeries ou sur le haut des parois. La date répertoriée plus ancienne est celle de 1714 tracée au ciel d’une galerie haute de 8 mètres

Depuis la nuit des temps, les hommes ont éprouvé le besoin de laisser une trace de leur passage. Graffitis, gravures et peintures pariétales sont de tout temps et de toutes civilisations.

Dans l’histoire des carrières souterraines, ces graffitis à l’abri des vicissitudes de la surface du sol, sont les traces matérielles, le reflet et le témoignage des préoccupations des carriers et des champignonnistes.
Ils sont de toute nature : artistique, personnelle, politique, religieuse, coquine et même érotique.
Ils peuvent aussi être une nécessité car employés à la tâche, le carrier et le tailleur de pierre devaient graver chaque pierre de sa marque personnelle afin de prouver son travail.
L’étude de ces traces du passé permet de mieux connaitre ces hommes, de mieux comprendre leur vie, de reconstituer les relations que ces derniers entretenaient avec leur milieu et entre eux.
Ainsi, près de 800 ans de vestiges graphiques laissés par ces travailleurs souterrains des carrières de Saint-Leu, peuvent être recensés et étudiés.

Octobre 1939 -juin1940
Craignant les bombardements allemands, l’usine de Creil-Montataire de la société de métallurgie Brissoneau & Lotz délocalise une partie de sa production de fuselages d’avions LEO 45 dans la grande carrière souterraine de Saint-Leu, avec accès par la bouche Saint Christophe.
D’importants travaux sont nécessaires avec en particulier le bétonnage de 3000m2 de galeries, la mise en place du chauffage et de la ventilation. L’installation de cantines et de dortoirs permet à près de 1100 ouvriers et ouvrières de travailler en 3X8.
Mais l’arrivée des troupes d’occupation en juin 1940 interrompt cette production souterraine, qui reprendra quelques mois plus tard dans les ateliers de Montataire mais pour le compte de la Luftwaffe.

1941
La carrière souterraine de Saint-Leu apparaît dans l’inventaire des cavités répertoriées en France par la Wehrmacht pour le compte de la Luftwaffe.(3) Les dimensions des galeries de cette carrière souterraine dans lesquelles de gros camions peuvent circuler aisément, sa situation géographique proche d’une route, d’une gare de triage et d’une rivière navigable ont incité la Luftwaffe à la reconditionner en usine souterraine pour le montage et le stockage des bombes volantes V1.

Début 1943
Une main d’œuvre abondante composée de membres de l’organisation Todt, requis du S.T.O, prisonniers russes, terrassiers, maçons, ouvriers, manœuvres français fournis par des entreprises des environs, travaillent jours et nuits à la réalisation de la plus importance usine de montage et de stockage en France de la bombe volante FZG 76 dite V-1
L’Organisation Todt sécurise le site en bétonnant les trois routes d’accès, en construisant des blockhaus flanquant les deux bouches de cavage, installant des portes blindées montées sur rails, aménageant les puits d’aérage les recouvrant de plaques de béton, creusant et bétonnant encore des abris pour la flak (4) A l’intérieur, 10 000 m2, le sol de ce qui va devenir une usine souterraine est bétonné, sécurisé

Plus de 700 zones de stockage sont aménagées sur une dizaine d’hectares, des groupes électrogènes sont installés, des conduits d’extraction pour les vapeurs lourdes sont creusés. . Un central de communications, des ateliers spécialisés, des bureaux, des casernes, des infirmeries sont construits… Partout sont édifiés des murs de renfort de plusieurs mètres d’épaisseur, surtout dans les galeries de l’ancienne carrière supérieure, qui s’étend partiellement au-dessus de ces 10 hectares

Février 1944
Des éléments du Flak Regiment-155 (W) (5) prennent possession de « Leopold 116 » nom de code de la carrière souterraine, organisent les ateliers et assurent la protection du site par la mise en place de batteries de flak et de nids de mitrailleuses.
Les premiers convois de « bombes volantes » (6) arrivent par trains de Nordhausen en Allemagne puis sont transférés dans l’usine souterraine où le montage final s’effectue. Elles sont ensuite stockées en attendant leur convoyage par camions et par trains en direction des rampes de lancement situées dans l’Ouest de la France, face à l’Angleterre

Juin 1944
Après une longue période d’essais, les premiers tirs opérationnels de FZG 76 devenue la V-1, (Vergeltungswaffe n° 1, Arme de représailles n° 1), premier missile opérationnel de la seconde guerre mondiale, ont lieu avec Londres comme cible. 500 engins sont envoyés un même jour. Les destructions sont considérables.

4-5 juillet, 7-8 juillet, 5 août 1944
Les avions alliés effectuent des séries de bombardements extrêmement intenses sur les carrières. Pour la première fois, des bombes « Tall Boy » de 6 tonnes sont utilisées mais 30 mètres de roche rendent la carrière pratiquement invulnérable. Les dégâts à l’intérieur des carrières sont faibles : deux bombes seulement ont pu pénétrer sur le flanc du coteau.

Puit détruit sur le plateau de la carrière

Mais les abords de la carrière, les chemins d’accès, le plateau, sont transformés en désert lunaire interdisant toute sortie de missiles vers les rampes de lancement. La localité de St-Leu-d’Esserent est détruite à 85 %. A la libération, la localité recevra la Croix de Guerre pour son courage pendant les années de d’occupation

11 août 1944
Les troupes allemandes reçoivent l’ordre d’évacuer les stocks de V-1 et de détruire les installations. Les soldats utilisant vraisemblablement des charges prélevées sur les bombes font exploser le plancher d’une partie de la carrière supérieure sur environ 2 hectares, ensevelissant définitivement sous des millions de tonnes de roches des V-1 et peut-être, selon des légendes, d’autres armes inconnues.

30 Août 1944
Les troupes alliées libèrent la région de Saint-Leu-d’Esserent. Des éléments de l’armée américaine pénètrent dans les carrières et prennent possession de l’usine souterraine, récupérant un millier de V-1 qui ont échappés aux destructions.

1946
L’armée française est enfin autorisée par les alliés à pénétrer dans la carrière. Elle récupère les engins dont n’ont pas voulu les Américains. Les carriers et les champignonnistes déblaient les galeries souterraines.

1947
Une grande partie du « Dessus-des-Carrières » n’est toujours pas remis en culture, les champs sont criblés d’impacts de bombes, ainsi que le montrent les photos aériennes de l’IGN (Mission de 1947).
En revanche l’exploitation de la pierre reprend pour les besoins de la reconstruction nationale. De nouveaux chantiers sont ouverts dans le Nord de la carrière souterraine du Couvent avec des moyens d’exploitation moderne.
Les caves sont enfin réhabilitées et la culture des champignons, elle aussi peut reprendre,.

Années 80
La pierre de Saint-Leu est définitivement vaincue par le béton qui règne en maître incontesté dans la construction moderne.
L’exploitation souterraine est abandonnée. Pendant quelques années encore, subsiste le broyage de la pierre de St-Leu sous forme de sable. Des bulldozers parcourent les galeries du Nord à la recherche de pierre et de déchets d’exploitation pour nourrir les concasseurs.

Années 90
Exploitée dans des carrières à ciel ouvert, la pierre de Saint-Leu est broyée et agglomérée avec des résines, devenant pierre de parement.
Ces mêmes années seront fatales à la culture des champignons. Plus de 630 tonnes étaient produites par an dans les carrières de Saint-Christophe et du Couvent, mais peu à peu, victimes de l’âpre concurrence des pays de l’Europe de l’Est, les derniers champignonnistes quittent, eux aussi les carrières souterraines.

De nos jours,
Les carrières souterraines du Couvent, de Notre-Dame et de Saint-Christophe se dégradent lentement mais sûrement et si un processus minimum de sauvegarde de ce patrimoine n’est pas engagé, elles disparaîtront, enfouissant à jamais les témoignages de longs siècles d’histoire.

– oooOOooo –

Notes complémentaires

(1) Quelques termes relatifs aux carrières

Atelier Etage ou niveau d’exploitation
Bouche ou entrée de cavage Entrée de plain-pied dans une carrière souterraine.
Ciel Ban rocheux laissé en toit de la carrière.
Ciel tombé Cavité formée par chute de blocs du banc de ciel.
Entrée en cavage Ou bouche de cavage    Entrée de plain-pied dans une carrière souterraine.
Fontis Excavation formée par l’effondrement d’un ciel et des terrains de recouvrement. .
Pied Sol de carrière, base d’un pilier
Pilier tourné Pilier de masse laissé en place pour tenir le ciel.
Puits d’aérage Puits créant un courant d’air avec d’autres puits pour ventiler une carrière.
Recouvrement Epaisseur des terrains au-dessus d’une carrière souterraine.
Toit Surface supérieur d’une masse ou d’un gisement

(2) L´Organisation « Todt » (OT)

En février 1933, Hitler annonce la construction de 4 000 km d´autoroutes et de voies stratégiques et nomme directeur, un de ses fidèles :l’ingénieur Fritz Todt. Plus de 100.000 ouvriers travaillent à cette construction.

En mai 1938, Todt est chargé de bâtir la ligne de défense allemande Westwall (Ligne Siegfried).

En février 1942, F. Todt décède dans un accident d’avion, son organisation est intégrée dans le ministère d´armement du Reich sous la direction de l´architecte A. Speer.

En 1944, l´OT emploie environ 1,4 millions de personnes. Pour tous ses projets, l´OT signe des contrats avec des entreprises allemandes et étrangères. Ces contrats fixent le cadre de la coopération dans laquelle l´OT se charge de tous les coûts, seul les salaires restent à la charge de l´entreprise.

Le groupe d´intervention Ouest bâtit au total plus de 16.000 constructions de fortification : le Mur de l’Atlantique, des blockhaus pour les sous-marins, pour les l´industrie et pour les missiles ( V1, V2 )..Rien que dans la France occupée, l´OT Ouest a utilisé plus de 16 millions de m3 de béton…

(3) Inventaire des Vides Souterrains de France, Quartier Général de la Luftwaffe, Service de géologie de la Wehrmacht 1942-1944 Traduction Jean-Paul Delacruz, 1995

(4) Flak : défense contre avions

(5) Flak-Regiment 155 (W)

Le 16 août 1943, le Flak-Regiment 155 W voit le jour, il a pour mission la préparation, la protection, le lancement de la bombe volante Fieseler FZG 76. Il a pour un temps, le nom de code IX Flakgrupe Creil. Le 1er décembre 1943, il sera intégré au 65ème corps d’armée (Source : Vergeltung-Das Flak-Regiments 155 (W), par Verlag Militaria-Archiv Klaus D. Patzwall, (Hambourg 1985)

(6) Bombe volante

La bombe volante (Flying-Bomb) se présente sous la forme d’un petit avion, propulsé par un pulso-réacteur, autoguidé et lancé par catapultage ou largué par un avion porteur.

Différents modèles ont été construits de taille et de capacité d’emports sensiblement différents. Il y a eu même un modèle prévu pour être piloté.

Au total, les alliés estiment que plus de 30 000 engins ont été construits.

En quelques mois seulement, Londres a été frappée par 2 419 V-1, Anvers et son port par 2 448.

Caractéristiques générales de la V-1. (source : WWW.peenemunde.de)

Désignation de Fieseler Works………….……..: Fi103 I
Désignation du Ministère de l’air Allemand…  .: FZG 76 (Flak Ziel Gerät 76)
Désignation de Volswagen Works……….…….: Cell
Désignation du Ministère de la Propagande.…: V-1 (Vergeltungswaffe n° 1, Arme de représailles n° 1)
Poids au départ…………………………….….…: 2 200 kg avec 830 kg d’explosif et 500 kg d’essence
Longueur hors tout…………………………….…: 7,75 mètres
Envergure…………………………………………: 4,90 mètres
Charge d’explosif…………………………………: 830 kg
Vitesse de croisière…..………………………….: 645 km/heure
Altitude…………………………..  ………………: de 800 à 1200mètres à la fin du vol
Charge en carburant………….…………………: 500 kg d’essence
Portée……………………………………………..: 250 / 280km
Propulsion………………………….……………..: pulso-réacteur Argus-Schmidt 109-014

(5) Opérations du Royal Air Force Bomber Command sur les carrières de St-Leu-d’Esserent. (source RAF)

h3>4 Juillet 1944
17 Lancasters, 1 Mosquito et 1 Mustang du Squadron 617, bombardent le vaste dépôt souterrain de bombes volantes de St-Leu d’Esserent au Nord de Paris, aucun avion perdu.

4/5 Juillet 1944
231 Lancasters et 15 Mosquitos, du Groupe n° 5 accompagnés de quelques Pathfinder ont continué leur attaque sur le dépôt souterrain de bombes volantes- de St-Leu d’Esserent avec des bombes de 500 kg, afin de couper toutes les voies de communications. Le bombardement était précis mais 13 Lancasters ont été perdus.

7/8 Juillet 1944

208 Lancasters et 13 Mosquitos, principalement du Groupe n°5 avec quelques avions Pathfinder ont attaqué le dépôt souterrain de bombes volantes de St-Leu d’Esserent, situé dans d’anciennes champignonnières. Le bombardement a été précisément dirigé sur les bouches des galeries et sur les routes d’accès, bloquant ainsi la sortie des bombes volantes.

5 Août 1944

742 avions – 469 Halifaxes, 257 Lancasters, 16 Mosquitos des Groupes n°4, n°5, n°6, & n°8 Groups ont attaqué les dépôts de la Forêt de Nieppe et celui de stockage souterrain de bombes volantes de St-Leu d’Esserent. Les conditions de bombardement étaient bonnes. 1 Halifax a été perdu pendant l’attaque de St-Leu d’Esserent.

Textes extraits & adaptés de la monographie :  A Saint-Leu-d’Esserent

Histoire des carrières souterraines du Couvent, de Notre-Dame et de Saint-Christophe

(c) André R. Stéger, le GERHCAS (Groupe d’Etudes & de Recherches Historiques sur les Carrières Souterraines). Reproduction partielle autorisée sous réserve de citation de la source

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